Bordeaux, Paris

Changer les consciences professionnelles, un enjeu primordial des services santé travail

Laurent Eecke
Laurent Eecke
Directeur de services santé travail AIST19 SIST24

Interview de Laurent Eecke

Pouvez vous-vous présenter ?

 

Directeur général AIST19 & CoDirecteur SST24, deux services intre-entreprise de santé au Travail, je suis formé aux enjeux du système de santé dans les organismes de Sécurité Sociale, j’ai ensuite mené des opérations de lobbying pour promouvoir l’Economie Sociale au sein d’une fédération de mutuelles santé. A présent en charge de déployer la stratégie de deux Services Interentreprises de Santé Travail, je m’appuie sur une équipe d’experts et noue des partenariats synergiques avec les acteurs du territoire. 

En veille sur un environnement large, je souhaite continuer à expérimenter des outils et des pratiques innovantes, comme Tricky sait le faire. 

Pour quelles raisons avez-vous fait appel à l’Escape Room Santé ? Quelles étaient vos motivations pour tester l’outil ?

 

Tout d’abord, nous étions dans un cadre particulier dans les services de santé au travail puisque nous avions une journée nationale pour l’ensemble des services santé au travail qui représentent 16 millions de salariés en France. Chaque année au mois de mars, sont organisées des journées de rencontres nationales. Cette année là (2019), le thème de la journée était l’innovation en prévention. Il me semblait donc totalement logique de chercher quelque chose de “neuf”. A l’époque, j’avais eu la chance d’assister à la soutenance de thèse de David Labrosse. Il n’y avait pas beaucoup de pas à faire entre la prévention du risque suicidaire chez les étudiants à la prévention des risques psychosociaux en entreprise. Au départ, nous avions fait un premier prototype et nous avions essayé d’encadrer des groupes de RH en customisant la pièce, et cela avait très bien marché. J’ai vu que cela fonctionnait bien et quelques mois plus tard à l’occasion de cette journée nationale de la santé au travail, on s’est dit qu’on allait le faire. Le côté de l’innovation s’y prêtait très bien : la prévention et l’innovation dans le milieu professionnel.

Avez-vous trouvé la formation pertinente ? 

 

En toute transparence, cela fonctionne très bien. Il y a un effet d’ordre spectaculaire qui est tout à fait visible. Ensuite, je pense que la room en soit et l’outil doivent s’inscrire dans un projet global & pédagogique. Cela crée de l’engouement au sein des équipes, ce sont des projets sur le long terme qui veulent changer les croyances et les consciences professionnelles des employés, des soignants ou encore des administratifs. Etant donné que c’est ludique, nous sommes tous comme des chimpanzés un peu joueurs et je pense que cela met en condition de réceptivité d’autres messages de prévention. 

En soit, je ne pense pas qu’on puisse dire “Je suis chef d’entreprise et je travaille une thématique dont le format est l’Escape Game”. A ce moment là, l’outil pourrait être considéré comme une sorte de gadget et basculer vers le trop ludique, voire pas sérieux. En revanche, lorsque l’on intègre l’Escape Room dans une sorte de continuum de formation, cela prend tout son sens et cela crée une vraie plus-value. 

Quel a été l’impact de cette expérience ? Y’a t-il eu un Avant/Après ? 

 

Oui. Les gens qui l’ont testé ont été tout à fait satisfaits. Les professionnels qui l’ont testé, ont “bouffé”en leur conception de la prévention. Quand on travaille avec des ergonomes, des psychologues on sait que l’environnement est hyper juridique : c’est la pénalité de l’employeur. On peut aller en prison pour des erreurs. Bref, ce n’est pas marrant. Nos professionnels (ergonomes, médecins, etc) sont froids. C’est compliqué de faire passer le cap et de se dire “Est-ce que la ludification est un moyen pour faire passer un message de prévention ?”. 

On est dans un environnement où pour nous, faire le job c’est envoyer un flyer. Alors oui, c’est nécessaire. Mais quand on décompose la chose, la médecine du travail et la santé du travail est très loin de tout ce qui a été fait dans l’approche comportementale sur la santé publique. Il y a vraiment eu un îlot qui nous a isolés. On pourrait dire que cela a été fait de manière ministérielle. Je m’explique : Quand on dit à quelqu’un d’arrêter de fumer par exemple, je pense que cela s’applique sur les mêmes concepts comportementaux que dans le cas d’une personne qui ne met pas ses chaussures de sécurité pour aller bosser. Je pense que pour limiter les comportements à risques et non professionnels, la gamification est à explorer là dessus. 

Seriez-vous prêts à renouveler l’expérience ?

 

Oui. Très clairement. Probablement sur une autre thématique et dans un cadre qui resterait extraordinaire comme par exemple la Semaine National de la Santé au Travail et probablement sur des services de taille locale avec des partenaires comme une CARSAT, une mutuelle et j’en passe. Il faudrait le faire avec un partenaire car y’a les coûts afin de mutualiser l’évènement autour d’un thème commun. 

Présentation

Les Services Interentreprise Santé travail sont des associations qui ont pour rôle de conseiller l’ensemble des acteurs de l’entreprise en matière d’hygiène, de sécurité et de prévention des risques professionnels.

Secteur

Santé travail

Employés

30-50

Missions
  • Mener des actions de santé au travail en entreprise dans le but de préserver la santé physique et mentale des travailleurs
  • Assurer la surveillance de l’état de santé du salarié
  • Apporter du conseil aux travailleurs et à leurs représentants sur les dispositions et mesures nécessaires afin d’éviter ou diminuer les risques professionnels
  • Participer au suivi, à la traçabilité des expositions professionnelles et à la veille sanitaire.
Client depuis

2019

Laurent Eecke, Directeur général AIST19 & Co-directeur SST24

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